Soutenance de thèse / Alysée Le Druillenec / Porter le Christ. Une affaire de famille en France au XVIIe siècle
L’ED 441 a le plaisir de vous inviter à la soutenance de thèse d’Alysée Le Druillenec, préparée sous la direction des professeurs Étienne Jollet et Ralph Dekoninck :
Porter le Christ. Une affaire de famille en France au XVIIe siècle
14 mars 2026
14h00, Galerie Colbert – 2, rue Vivienne – Paris 2e – salle Walter Benjamin (rez-de-chaussée)
Jury
Étienne Jollet, Professeur à l'Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, directeur de thèse
Ralph Dekoninck, Professeur à l’Université catholique de Louvain, directeur de thèse
Pierre-Antoine Fabre, Directeur d’études à l’EHESS
Christine Gouzi, Professeure à Sorbonne Université
Frédéric Gabriel, Directeur de recherche CNRS à l’IHRIM
Silvia Mostaccio, Professeure à l’Université catholique de Louvain
Résumé
La présente thèse défend l’idée selon laquelle les représentations de figures christophores dans la France d’Ancien Régime agissaient comme de véritables opérateurs ecclésiologiques. Par leur langage non-verbal, ce corpus produit une pensée de l’Église, fondée sur l’auctoritas des Pères, l’enseignement de la doctrine, l’Incarnation du Verbe et la visibilité sacramentelle ; une théologie participant à l’esprit de controverse post-tridentin, au même titre que les ecclésiastiques.
Dans le contexte politique, spirituel et culturel unique que présente le royaume de France entre 1598 et 1715, ces « images sacrées » (Concile de Trente, XXVe session) sont analysées comme formant un lieu où il affirme son statut de Fille Aînée de l’Église catholique, non seulement en peignant sa foi pour riposter contre la théologie protestante, mais aussi en la pensant avec ses pinceaux, ses burins, ses fusains et ses plumes les plus brillantes.
La Vierge Marie, Joseph, Siméon et les christophores tridentins – Hyacinthe de Cracovie, Françoise Romaine, Gaëtan de Thiène, Rose de Lima, Félix de Cantalice – devinrent alors les médiateurs d’une « affaire de famille », révélant la réalité d’une « affaire d’État, la plus grande de toutes, puisqu’elle regardait Dieu Lui-même » (Bérulle). Les œuvres figurant leur geste christophoral invitaient les fidèles à participer au régime sacramentel, en tant qu’il unit l’acte de foi, la justice, la prière et ordonne le fidèle à l’édification du Corps du Christ.
Abstract
This study contends that the representations of Christ-bearing saints in seventeenth-century France operated as genuine ecclesiological agents. Through their non-verbal language, these works of art articulate a meditation upon the Church grounded in the auctoritas of the Fathers, the teaching of doctrine, the Incarnation of the Word, and the visibility proper to the sacramental order. In this way, they take their place within the post-Tridentine culture of controversy, standing alongside the ecclesiastics.
Set within the distinctive political, spiritual, and cultural conditions that shaped the period between 1598 and 1715, these “sacred images” (Council of Trent, XXV) are here examined as constituting a locus in which Gallican France affirmed its identity as the Eldest Daughter of the Catholic Church – not only by setting forth its faith in response to Protestant theology, but also by thinking that faith through its most brilliant painters, engravers, sculptors, and writers.
The Virgin Mary, Joseph, Simeon, and the Tridentine Christ-bearers – Hyacinth of Kraków, Frances of Rome, Cajetan of Thiene, Rose of Lima, and Felix of Cantalice – thus emerge as mediators of a “family affair”, disclosing what Bérulle termed a “State affair, the greatest of all, since it concerned God Himself”. The works that depict the act of christophoria invited the faithful to enter into the sacramental economy, wherein faith, righteousness, and prayer are united and the believer is ordered toward the edification of the Body of Christ.